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.: L'humour pour et par le peuple!
 
Ça, c'est le nom du site: Humour Québecv5.0
Une autre légende inutile...
  • Est-ce vraiment utile de mettre des légendes sur toutes les images?
  •    
Ça me rappelle un jeu platte de Piment Fort ça...?
Cyberpressse:
   Diminution de la piraterie en mer.

... Ben normal, est rendue sur Internet!
Voici des réponses absurdes, à une question qui l'est tout autant

Si vous aviez l'argent pour vous payer un défilé, il aurait quelle thématique?

[ répondre ]

 
L'image humoristique du jour
Allez voir l'image du jour!
L'image humoristique du jour
Un homme et sa femme s'affairent dans le jardin derrière la maison. Gustave dit à sa femme:
- Oh la la! ton derrière est rendu aussi large que le BBQ.
Sa femme ignore la remarque désobli...
Visitez le site ChezMaya.com
  • .: éditoriaux
L'évangile selon Jean jr. (Chap. 10 (suite))
Par Jean Jr. Landry    |  Le 1 août 2004 @ 11h31  |  8 commentaires
Chapitre 10 (suite)

Tandis que les disciples parcouraient nerveusement les allées de la pharmacie afin de trouver remède à leur invertebrétitude, Jésus se coula un grand verre de jus de tortue. Soudain, on cogna à la porte. Le Messie s’y dirigea à pas givrés.
- Qui est là? Fit-il.
- C’est le concierge. J’ai trouvé des morceaux d’aveugle dans le stationnement.
- Chouette alors! Vous les avez retrouvé!
Jésus ouvrit la porte. Pas de concierge. Il fit deux pas pour s’engager dans le couloir. Il regarda à gauche. Puis à droite. Rien. Mais par terre, il y avait un gros sac vert rempli de morceaux d’aveugles. Il les ramena dans la maison, les inséra dans le lecteur CD de son ordi, puis lança le défragmenteur.
- Si ça peut défragmenter un disque dur, confia-t-il à sa lampe de salon, ça doit pouvoir défragmenter un aveugle.
Sur ces confidences, les disciples revinrent.
- Venez vous asseoir, fit Jésus. Je dois terminer de vous donner mes instructions.
Les disciples s’assirent et avalèrent leurs comprimés de calcium.
- Peu importe où vous irez, essayez de trouver un endroit où dormir. Frappez aux portes et demandez aux gens s’ils veulent que le royaume des animaux entre chez eux. S’ils refusent, maudissez leur tapisserie.
Jésus réfléchit à la froideur des cœurs qui règne dans les grandes villes et il se dit que ses disciples se feraient toujours refuser l’hospitalité. Il élabora donc une version abrégée du processus.
- Oubliez ce que je viens de vous dire. Frappez simplement aux portes et dès que la personne ouvre, dites-lui que vous maudissez sa tapisserie.
- N’est-ce pas un tantinet négatif comme approche? Demanda Jacques.
- Pas si vous le dites avec le sourire.
Les disciples prirent des notes sur une feuille lignée.
- Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des singes. Soyez donc prudents et transportez toujours des freins anti-blocage avec vous. Aussi, des journalistes à potins vous assaillerons fréquemment, cherchant un moyen de vous prendre en défaut. Mais ne vous inquiétez pas de ce que vous leur direz. Vous serez relié à moi par satellite et je vous soufflerai à l’oreille ce qu’il faut dire.
Les disciples s’échangèrent des regards admiratifs.
- Plusieurs vous haïrons du fait que vous annoncez le royaume des animaux. Ce sont tous des jaloux. Si vous leur résistez jusqu’à la fin, vous aurez des Air Miles. Si on vous persécute, changez de ville. Hum en fait changez de ville tout de suite car c’est évident qu’on vous persécutera.
- Dites Maître, fit Matthieu. Si on nous tabasse, qu’est-ce qu’on fait?
- Vous tendez l’autre joue.
- Et si on a une seule joue?
- Cela signifie alors que vous êtes mutant. Or, notre charte stipule que tout disciple mutant ou auquel il manque une partie du corps doit être exclu de la mission.
- Mais c’est discriminatoire!
- Je sais mais il y a 2000 ans j’ai prêché l’évangile avec des disciples qui n’avaient pas de couilles et ça m’a porté malheur. Alors qu’il vous manque une couille ou une joue, ça revient au même.
Jésus prit une gorgée de jus de tortue et s’en gargarisa la gorge.
- Ne craignez pas les punks et les jeunes délinquants. Craignez plutôt les gens trop bien habillés. Ils vous offrent une passe V.I.P. pour le club de golf et vous promettent des tas de nanas, puis ils vous fichent un coup de stylo-bille dans le dos au moment où vous vous y attendez le moins.
Les disciples frissonnèrent d’effroi.
- Soyez cependant assurés qu’aucun petit oiseau ne tombe sans que Dieu ne le veuille. Des cochons d’inde, peut-être… mais pas des oiseaux. Car des oiseaux, c’est vraiment trop cool. Et plus encore, sachez que tous les cheveux de votre tête sont comptés.
- Mais qui donc les compte? Demanda Pierre.
- Dieu.
- Bon sang. Ca doit lui prendre un sacré bout de temps.
- Évidemment. Pourquoi crois-tu qu’il n’a jamais le temps de répondre à vos prières?
Les disciples se sentaient choyés de bénéficier d’autant de révélations divines.
- Je vous le dis mes amis, si vous me faites de la bonne publicité, je vous en ferai également de la bonne auprès du Père.
- Est-ce un avantage? Demanda Juda.
- Et comment! Une publicité auprès du père coûte la peau des fesses. Une simple petite bannière sans même d’animations flash a de quoi vous ruiner à jamais.
Les disciples étaient aux anges. Cela infirma d’ailleurs la rumeur qui voulait qu’ils soient aux hommes.
- Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix. Je suis venu pour apporter le royaume des animaux. Pleins d’écureuils, de lapins, de chèvres et de porcs-épics. Un immense parc safari universel. Fini le temps des cathédrales. Voici venir le temps des ornithorynques.
Un disciple profita de l’occasion pour demander à Jésus pourquoi Dieu avait créé des bestioles aussi étranges que les ornithorynques.
- Vous savez, Dieu n’aime pas le gaspillage. Aussi, à la fin de la création, il restait quelques pièces en trop. Un bec de canard ici, une queue de castor là, des mamelles de raton laveur et des poils de marmotte et tout et tout. Vous devinez la suite. D’ailleurs, je suis heureux que l’on aborde le sujet des ornithorynques car je voulais préciser que si vous donnez ne serait-ce qu’un verre d’eau à l’un d’eux… ben c’est cinquante Air Miles supplémentaires.
Les disciples écrirent tous ces faits croustillants dans leur livre de bord et allèrent se coucher. Ils s’endormirent dans l’excitation, tout impatients de débuter leurs aventures.

(à suivre dans le prochain épisode…)
3 tasses de cassonade pressée; 1/2 lbs de beurre; 1 petite boîte de lait évaporé carnation; 2 tasses de sucre à glacer.
Grand maman
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Le nouveau MensuHell de juillet

Un 56e numéro pour le fanzine BD #1 au Québec! Avec la collaboration des Laframboise, 4in, Viau, Rémillard, Benoît, Tremblay, Ruttan & Gagnon, Beaulieu, Sirkowski, Karl, Thériault & Snick, Piccoli et Boivin!


Site officiel de MensuHell : www.geocities.com/mensuhell


 
12 juillet: Nouveauté de Leif Tande : Palet Dégueulasse + Parc de BD géante au Vignoble de la Sablière + Festival international de films Fantasia Ubisoft
26 avril: Lancement de Paul en appartement, par Michel Rabagliati + Lancement de la revue Cactus + ZINE ZAG #15 - C'est la fin!
19 avril: Lancements lors du Festival BD de Québec
19 avril: Exposition Quelques ponts + Exposition collective Pwels
12 avril: Photos des lancements du mois de mars 2004
12 avril: Lancement de Tard dans la nuit + Fonck et Ponck contre Fantôm-X par Luca Jalbert + Albert en six temps - Par l'écurie mécanique générale + Exposition Les débuts de la bande dessinée québécoise de 1904 à 1908 dans La Patrie et La Presse + Exposition À la découverte de Raoul Barré, créateur d'un siècle nouveau
21 mars: Lancement de La voix du tonnerre + Lancement du 2e numéro de Plan B, la revue des étudiants en BD de l'UQO + Auteurs BD au Salon du livre de l'Outaouais + Comic Fest à l'hôtel Delta + Lancement de Don't Be a Crotte de Leanne Franson
1er mars: Lancement de Moréa 3 + Grafiksismik - Les dernières parutions et ceux à venir + 5 à 7 du Scanner - Dimanche 7 Mars!


 
 
Trouver tout sur BD Québec :
Mot exact
 
  ENTRE NOUS
par Marc Jetté

2e chroniques de Marc Jetté sur ses dernières lectures.



 
  Témoignage sur Albert Chartier
par Richard Langlois

Ce dernier nous parle de sa relation avec Albert Chartier et de son inquiétude par rapport à l'oeuvre de l'auteur, décédé samedi le 21 février dernier.


 
  Du 15 avril à octobre 2004 : Exposition À la découverte de Raoul Barré à la Cinématèque québécoise à Montréal
17-18 juillet : Festival Fantasia Ubisoft : Komikstok
28 juillet : Comix Jam de Montréal à La Sala Rosa
20 au 24 octobre : Rendez-vous international de la BD de Gatineau


 
  Michel Pleau : Directeur & webmestre
Francis Hervieux : Aide-webmestre & journaliste
Michel Viau : Collaborateur
Marc Pageau : Illustrateur

 
 


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BIENVENUE SUR MON SITE.JE PRÉSENTE DES PAGES DE BD...BONNE VISITE!... »DUY«


 



 

La série Glik et Gluk est une création de Serge Gaboury

Une série pour enfants qui fonctionne très bien au Québec, c'est bien Glik et Gluk! La plupart des enfants qui lisent le mensuel Les Débrouillards connaissent bien ces 2 personnages qui en font rire beaucoup par leurs aventures. Mais la plupart d'entre eux ignorent que Glik et Gluk sont apparus pour la première fois dans le magazine Croc (aujourd'hui disparu). Dans ce temps-là, les 2 petits monstres n'étaient pas tout à fait identiques à ce qu'on peut voir maintenant. Mais déjà, on découvrait le côté gourmand de Gluk et le côté plus éducatif de Glik (même si la première aventure est plutôt sanglante!). L'auteur, Serge Gaboury, laisse de côté les 2 personnages pendant un certain temps pour les reprendre en 1995 dans le magazine Les Débrouillards.


Voici maintenant une courte description de chaque personnage de la série:

Glik
Grand inventeur, le savant Glik ne manque pas d'idées qu'il aime expérimenter dans son labo. Son cobaye préféré est son ami Gluk.
Gluk
Vrai gourmet (et gourmand), Gluk n'est pas difficile. Il avale n'importe quoi. Il déteste servir de cobaye à son ami Glik.
Glouk
Neveu de Glik, il lui ressemble beaucoup. Il est bien malgré lui complice des frasques de son ami Glunk.
Glunk
Neveu de Gluk et meilleur ami de Glouk, c'est un jeune rebelle... une vraie calamité!
Glukette
Fiancée de Gluk. (Mais Gluk n'est pas au courant.)
Glok
Grand-papa Glok, tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il est très très très vieux...


La série Glik et Gluk en albums :


DESSINS
TEXTES


Grokon, le nom seul dit tout. Gro d'abord parce qu'il pèse au-delà de 200 000 kilos et qu'il mesure 42 mètres de hauteur à jeun. Kon, parce qu'il a l'intelligence d'un bouton à quatre trous.

Grokon, c'est le "grand, gros et pas subtil" de la classe qui joue des tours pendables et imbéciles à tout le monde et qui rit parce qu'il sait que personne ne peut le remettre à sa place.

Heureusement, pas une once de malice dans ce monstre ni dans son copain et faire-valoir Grokollon, lui aussi tout en finesse et en subtilité.

Son seul passe-temps: tout casser et terroriser les humains.

Un vrai petit monstre quoi !


    Albums parus: (Jusqu'à maintenant, un seul album est parus, mais il y en aura sûrement d'autres.

    • Grokon le monstre (Éditions Mille Iles) 48 pages


       
      Né le 18 octobre 1954 à Québec, Serge Gaboury commence à publier des bandes dessinées dans le Peuple-Tribune en 1974, après des études en Arts et en Communications à l'université Laval. En 1975, il commence à faire des b.d. pour le journal de l'Université, Au Fil des Événements. En 1976, il collabore aux Publications Bernard Cleary, trois grands hebdos de la région de Québec (caricatures éditoriales). Alys et ses amisEn 1979, il commence une longue collaboration qui lancera sa carrière au niveau national : le magazine Croc, pour qui il produira en moyenne trois pages de b.d. par mois pendant toute la durée de vie du magazine, soit une quinzaine d'années. Gaboury a également collaboré avec le magazine Titanic (1983-1984) où il y dessine les aventures de «Alys».

      En 1983, il commence une autre longue collaboration avec Le Soleil, pour qui il fera beaucoup de caricatures et de b.d. Son strip «Le Sport en Folie» est toujours publiée chaque dimanche. Voici ses autres collaborations les plus importantes: le magazine Protégez-Vous, où il publie toujours entre cinq et dix illustrations par mois; Safarir pour lequel il produit en moyenne cinq pages par mois; Glik et GlukLes Débrouillards, pour lequel il a créé «Glik et Gluk», une b.d. pour enfants très populaire qui passe à raison de deux pages par mois; La Terre de Chez-Nous, journal de l'UPA pour lequel il fait une caricature par semaine; L'Équipe, journal du ministère des Transports du Québec (b.d. et dessins) ; et la plus récente, TV-Hebdo, Hi-Ha Tremblaydans lequel il publie une page de b.d. par semaine sous le titre «La Vie d'Artiste».

      À noter aussi sa contribution au Carnaval de Québec, pour lequel il a dessiné les chars allégoriques de la Parade en 1997, 1998 et 1999, avec beaucoup de succès. Il faut mentionner aussi son importante collaboration à l'exposition «Les aventures de la b.d. Québécoise» au Musée du Québec en 1997-1998. ZZZoé l'abeilleSa section (1/4 de l'expo), intitulée «La b.d. démontrée par Gaboury» est toujours en circulation et a été présentée au Festival de la B.D. de place Fleur-de-Lys à Québec en 1999.

      Lili et TachetéAu fil des années, Gaboury a créé plusieurs personnages, dont: «Lili et Tacheté» (Le Soleil, 1985), «ZZZoé l'abeille» (MMSRSQ, 1989), «Hi-Ha Tremblay» (magazine Croc, 1992) et beaucoup d'autres. Il a travaillé sur un grand nombre de projets : brochures, livres, publicité, sites Internet, etc. Parmis ses clients on peut compter entre autres: la SAAQ,Vidéotron, Verge-Lebel, Imagix, la CEQ, Astuce, Lacroix Pub, Bleau-Dupéré, Marketel Publim, Éditions du Raton Laveur, Éditions La Pensée, Ministère de la Justice, Radio-Canada, etc. Aujourd'hui Gaboury travaille plus que jamais. Il publie régulièrement entre dix et quinze pages de b.d. par mois dans plusieurs périodiques touchant des publics très variés, ce qui en fait un auteur de b.d. québécois connu et apprécié d'un très large public.

      Jusqu'ici, Gaboury a publié 6 albums, soit:


Mario Malouin

C'est en 1956 que Mario Malouin voit le jour. Mario est l'un des rares bédéistes du Québec qui réussit à vivre grâce à la BD.

C'est à 15 ans que Mario obtient son premier contrat professionnel, soit le 26 octobre 1971, avec les hebdos L'appel et le Rond-Point de Ste-Foy. C'est ainsi qu'il crée "Gros Magnon". Après cette expérience, Mario lance la revue B.D. PLOUF en novembre 1974, il y occupe les postes d'éditeur, de rédacteur en chef, de dessinateur-scénariste et de distributeur. L'aventure de PLOUF dure 2 ans.

En septembre 1984, c'est enfin le lancement de son premier album de BD: Une saison dans la vie d'Arthur Leroy connaît un succès avec des ventes dépassant les 10 000 copies et ce, dans la seule région de Québec. L'album est une parodie de l'animateur-radio André Arthur. En 1985, il joint les rangs, comme joueur, de la ligue nationale d'improvisation en bande-dessinée. En octobre 1986, il publie dans le mensuel Pare-Chocs, La Revue Des Contribuables, une BD intitulée La Filière Treize. Malheureusement, le magazine ne vivra que 6 mois.

Et c'est en septembre 1987 que Mario débute avec Safarir dès la première parution du magazine. Il reçoit le prix Bédéis Causa au premier festival de bande dessinée de Québec en 1988 pour son apport à la bande dessinée québécoise. En janvier 1992, Mario publie une planche-couleur dans le mensuel parisien Fluide Glacial et commence en février de la même année une collaboration avec 7 Jours, le magazine hebdomadaire. Il y dessine la série Le Monde Du Spectacle (qui changera de nom pour Le Monde de la Télé), Mario y a déjà réalisé plus de 200 parodies de télévision (comme par exemple: La Petite Vie). En 1993, il publie dans Zeppelin une petite BD d'humour noir nommée Le Bobo. Les albums Au Pied Du Grand Totem et Le Monde Du Spectacle (celui-ci regroupant les meilleurs moments de la série du même nom) paraissent la même année.

Pappouth Au cours de ses 25 années de carrière dans la BD, Mario a exposé à plusieurs reprises, notamment à l'exposition Québec Fun à Larochelle en France, à l'exposition ET VLAN à la bibliothèque municipale de Ste-Foy, à l'exposition La Bande Dessinée Américaine Non USA à Saragosse en Espagne, au 25e salon International de la caricature de Montréal et une exposition consacrée au Québec en Belgique. Il a participé à plusieurs émissions de télévision et a collaboré à diverses publications. Mario a aussi donné des ateliers de BD au collège Jésus-Marie et au service des loisirs de St-Romuald.

Aujourd'hui, Mario Malouin continue son travail chez Safarir. C'est dans ce magazine québécois qu'on a pu découvrir Les P'tits Montres, Les aventures d'Alphonse, Grokon le monstre, Guerre... Épais, Drôlement Piquant, Au Pied Du Grand Totem et plusieurs parodies de films.

Voici la liste de ses publications:


Mario aimerait bien avoir de vos commentaires et suggestions sur ses albums et personnages. Pour le rejoindre, vous pouvez lui écrire via courriel : m.malouin@sympatico.ca ou bien à son adresse personnelle: Mario Malouin, 864 boul. Pie XII, Sainte-Foy (Québec), G1X 3T8.


 

...rencontre avec Serge Gaboury
Entrevue réalisée en octobre 1999. L'entrevue a paru en premier lieu dans le trimestriel Zine Zag.


Michel Pleau: Bonjour Serge! Tu es un pilier au Québec en tant que bédéiste. À quand remonte ton attirance pour la bd?
Serge Gaboury: Quand j'étais enfant je lisais Tintin, Spirou et les journaux. Dans Tintin, il passait des articles sur les auteurs. Ça m'a allumé!

MP: Quel âge avais-tu?
SG: J'avais 9 ans quand j'ai écrit, dans un travail pour l'école, que je voulais faire de la bd.

MP: Et à quel moment, as-tu pu enfin démontrer ton talent dans une publication?
SG: Vers 18-19 ans j'ai commencé à publier dans La Tribune de Lévis une bd intitulée " Jos Toulemonde ". À la même époque, j'ai publié dans le premier magazine de Mario Malouin, Plouf. C'était vers 1974.

MP: Plouf, oui je connais. Il y a eu 2 numéros, tu y faisais un style complètement différent de ce que tu fais présentement, pour " Jos Toulemonde ", c'était identique?
SG: Pour " Jos Toulemonde ", c'était aussi immature, mais plus humoristique. C'est à dire que je ne savais pas encore dessiner et que je ne connaissais pas les règles de la bd.

MP: As-tu déjà pensé à publier ton propre magazine ou fanzine à l'époque?
SG: Je n'ai jamais été un trippeux de magazine, c'est-à-dire, de prendre le temps d'en publier un. Il y a des gens qui ont ça dans le sang, mais pas moi. J'aime bien collaborer à un magazine, par contre.

MP: Mais est-ce que tu lisais ce qui se faisait au Québec?
SG: Bien sûr. Il n'y en avait pas beaucoup, mais j'en ai acheté dans le temps. L'Hydrocéphale Entêté, BD, l'Ecran, etc.

MP: Les possèdes-tu encore?
SG: Je pense bien que oui.

MP: C'est ainsi que tu t'es dirigé en arts graphiques pour apprendre le métier?
SG: Oui, je me suis inscrit au Cégep en Arts et à l'université en Communication graphique.

MP: As-tu publié quelques bd, durant ces années?
SG: Pendant l'université, j'ai connu mon premier succès avec " Madame l'université ". Une bd minimaliste et intello que je publiais dans le journal de l'université Laval : Au Fil des Événements.

MP: As-tu développé ton propre style, ou bien étais-tu encore à la recherche de celui-ci?
SG: Dans cette bd du Fil, mon style commençait à se placer. Je l'ai développé en faisant de l'animation à l'université, et j'ai continué après être sorti pendant l'année précédant l'apparition de Croc. À ce moment j'étais prêt.

MP: Pour Croc, comment est arrivé le contact avec Hurtubise? Car les créateurs de Croc sont, à peu près tous, de Montréal?
SG: Dans ce temps-là, la fin des années 70, la seule activité dans le monde de la bd au Québec, c'était le Festival international de la bd de Montréal. Chaque année, tout le monde faisait quelques pages pour présenter au festival. C'était assez pauvre. La dernière année, Hurtubise et les autres m'ont remarqué parce que j'étais un des seuls à faire de la bd régulièrement et je commençais à être au point. Quand il a lancé Croc, Hurtubise m'a téléphoné.

MP: Donc, tu as été durant les 15 années de Croc, toujours présent dans le magazine. Au départ, as-tu trouvé d'autres contrats, car j'imagine que le salaire n'était pas tellement énorme?
SG: Tout de suite, j'ai commencé à me monter une clientèle. Je travaillais pour le Fil, un peu plus tard pour Le Soleil, la SAAQ et d'autres piges à droite et à gauche.

MP: Devais-tu obligatoirement te tenir au courant de l'actualité provinciale et internationale pour t'inspirer?
SG: Quand je faisais de la caricature éditoriale, oui, mais généralement, j'ai toujours été plus intéressé par le climat social, par comment refléter l'époque. Les événements sont souvent répétitifs et ennuyeux. Ce qui m'intéresse, c'est le courant de fond.

MP: À tes débuts, comme la plupart des bédéistes, tu coloriais à la gouache. Maintenant, tu colores à l'aide d'un ordinateur. As-tu eu peur avant de faire le saut vers la nouvelle technologie?
SG: Ça m'a toujours intéressé beaucoup. J'ai voulu m'équiper très tôt, mais, à ce moment-là, les ordinateurs n'étaient pas assez puissants pour faire de la bd. J'ai commencé il y a deux ans avec un Power Mac encore très performant et j'adore ça.

MP: Combien de temps sauves-tu, en travaillant tes dessins à l'ordinateur?
SG: Je ne sais pas combien exactement. À la fin, avant de commencer à l'ordinateur, la meilleure technique était avec des feutres sur photocopies, ce qui était très rapide, mais très limité. Pas moyen de faire des dégradés avec ça. À l'ordinateur, ça va un peu plus vite, mais c'est surtout beaucoup plus souple. On peut reprendre des surfaces, travailler en dégradés. On peut même faire du " airbrush " très rapidement, sur Photoshop par exemple. La qualité est meilleure pour le même temps.

MP: Vers la fin de Croc, sentais-tu que le magazine déclinait et qu'il y aurait possibilité pour toi de perdre ce gros contrat?
SG: Tout le monde le sentait. C'était bien difficile à vivre et bien triste.

MP: À quel moment, avez-vous su que l'aventure (de Croc) était terminée?
SG: On l'a su pour vrai le jour de la fermeture. La dernière année avait été difficile, et plus ça avançait et plus on sentait venir la fin.

MP: Crois-tu que c'est par la trop grande concurrence de Safarir?
SG: Il y a plusieurs facteurs, dont Safarir. L'avènement de la TPS a été un dur coup, le prix du papier avait beaucoup augmenté, les ventes de tous les magazines avaient baissé. De plus le magazine éprouvait des difficultés à se relever. Tous les écrivains vedettes, les gros canons qui avaient fait sa renommée étaient partis à la télé, où ils font la pluie et le beau temps aujourd'hui.

MP: Comme Stéphane Laporte par exemple?
SG: Exactement, et plusieurs autres.

MP: Safarir t'a tout de suite contacté à la fermeture de Croc ou bien avant?
SG: Safarir m'avait contacté à au moins deux reprises quelques années avant, et j'étais bien tenté par leurs offres. Mais Hurtubise était un ami et je n'avais pas le coeur de lui faire ça. Quand Croc a fermé, Safarir m'a ouvert la porte.

MP: Plusieurs autres auteurs de Croc ont essayé de faire le " move " chez Safarir, quelques-uns ont participé, mais sont partis très vite... Je pense à Eid, Godbout/Fournier. Y a-t-il une raison?
SG: Je pense que Eid va revenir (Au moment de l'entrevue, Eid n'était pas de retour à Safarir). Pour ce qui est de Fournier et Godbout, je pense que quelqu'un de l'organisation de Safarir n'aimait pas leur travail.

MP: De quelle façon procèdes-tu avec Safarir? On te donne le sujet du mois et on te laisse aller?
SG: À peu de choses près, oui. On en discute ensemble, et je leur envoie des esquisses. Un processus tout à fait normal.

MP: Comme Godbout, est-ce que tu as déjà travaillé avec un scénariste?
SG: Il y a longtemps, j'ai travaillé avec Michel Brodeur, on faisait des " daily strips " pour le Devoir et le Journal de Québec. Plus récemment, avec Yvon Landry, j'ai fait Impossible Inc dans Safarir.

MP: Y a-t-il d'autres choses en vue pour toi à Safarir?
SG: Oui, un projet génial!

MP: Tu nous en parles?
SG: Ça s'appelle " Wirdo ". C'est un concept de gags en une page mettant en vedette des ados de banlieue qui ne pensent qu'à faire des mauvais coups et des partys. Ce qui est spécial, c'est que tous les personnages sont des extra-terrestres de formes bizarres et diverses! Ils vivent à Cosmoville et notre réalité de vie de banlieue est transposée dans leur monde extra-terrestre.

MP: Et le début de " Wirdo ", serait pour quand?
SG: Les premières pages de " Wirdo " devraient commencer avec l'an 2000, soit le numéro de Janvier 2000, le #140.

MP: Une autre grande collaboration, c'est avec le quotidien Le Soleil. À quand remonte cette collaboration?
SG: À très longtemps, presque en même temps que le début de Croc, je pense. Au début, je remplaçais Hunter pendant ses congés. Puis j'ai commencé une BD dans le cahier sport du dimanche : Le Sport en Folies.

MP: Pour ceci, tu dois sûrement rester " branché " avec tout ce qui parle de sport, hockey, baseball, etc.?
SG: Je regarde ce qui s'est passé pendant la semaine et j'essaie de trouver l'événement marquant. Je ne m'arrête pas à des détails comme : Qui a marqué tel but, etc. Mais, j'aime faire une satire du milieu du sport avec ses enfants-vedettes millionnaires.

MP: Ton inspiration te manque-t-elle des fois? Y a-t-il quelqu'un qui te donne des idées? Ton épouse, tes enfants?
SG: L'inspiration, c'est quelque chose qu'on apprend à provoquer avec les années. Quand on a un " deadline ", on ne peut pas se permettre d'attendre l'inspiration. Il y a des trucs. Je pense que les idées, on les récolte dans tout ce qu'on vit. Alors, dans ce sens, oui, ma femme et mes enfants (2 filles, 16 et 19 ans) peuvent me donner des idées. Mais je ne fais pas d'autobiographie.

MP: Y a-t-il une de tes créations dont tu es le plus fier?
SG: Actuellement j'aime beaucoup " Glik et Gluk " que je dessine pour Les Débrouillards. Ça, c'est une série qui a vraiment décollé. Les jeunes répondent très bien et ils connaissent les personnages comme s'ils étaient en vie.

MP: As-tu beaucoup de commentaires des admirateurs de Glik et Gluk?
SG: Dans les Salons du Livre, oui. D'ailleurs le premier album de Glik et Gluk devrait sortir pour le Salon de Montreal. (Ce qui s'est avéré vrai. Glik et Gluk, l'album #1 est maintenant disponible).

MP: Oui, un album qu'on attendait depuis 3 ans. Es-tu content qu'une maison d'édition comme Mille-Îles puisse enfin s'impliquer ainsi pour la BD québécoise?
SG: Oui très content. Les éditions Mille-Îles sont les premiers vrais spécialistes de la bd en albums au Quebec, et je suis bien content d'être avec eux. Les éditions Logiques ont fait un travail d'édition extraordinaire pour mes deux derniers albums, mais ce n'est pas leur spécialité la bd. Ils ont décidé, d'ailleurs, d'arrêter d'en produire.

MP: En effet, les éditions Logiques devaient perdre beaucoup d'argent. Car, produire une BD en couleur et en plus avec une couverture cartonnée, ça devait coûter très cher. Ce qui est dommage avec Mille-Iles, c'est la publicité. Même si ces derniers produisent une dizaine d'albums par année, les gens n'en entendent pas parler, qu'en penses-tu?
SG: Je ne sais pas, mais si c'est le cas, ce n'est pas un problème nouveau. C'est le cas de tous les éditeurs que j'ai connu. Et en plus, nos chers journalistes qui s'empressent de publiciser le moindre Européen, nous ignorent totalement, ce qui ne nous aide pas.

MP: Parlants Européens, as-tu déjà été à un évènement majeur, comme Angoulême?
SG: Je suis allé à Angoulême, il y a bien des années, je ne sais plus quand. En 88, je pense.

MP: As-tu aimé cette expérience? Comment as-tu été reçu?
SG: Nous avons été très bien reçus avec des discours, des canapés et des " drinks ". Au festival même nous avions un kiosque. C'était une foire énorme dans d'immenses tentes remplies de dessinateurs faisant des séances de signatures, d'admirateurs et de bouquins. J'ai pris quelques contacts et j'ai publié par la suite quelques dessins dans des magazines français, mais ça n'a pas eu beaucoup de suite.

MP: Quand tu dis, nous, c'était une délégation québécoise?
SG: Oui, une délégation d'une dizaine, je pense, assez représentative de ce qui se faisait à l'époque. La plupart des dessinateurs de Croc et quelques Indépendants. Safarir n'avait pas encore décollé à cette époque.

MP: Mais qui avait organisé ce voyage? Croc? Qui avait sélectionné les dessinateurs?
SG: L'Office Franco-Quebecois pour la jeunesse. Aujourd'hui, j'aurais passé l'âge!

MP: HéHéHé! À chaque année, il y a des salons du livre, des événements BD, le festival BD de Québec, etc. Et à tous ces événements, on a des Européens invités. Les auteurs québécois, sont-ils tous traités de la même façon que les Européens?
SG: Pour résumer ce que je pense de la question, je dirais que la bande dessinée québécoise a avant tout un problème d'"image", de perception de la part du grand public. En fait, les gens pensent que nous n'existons pas ! Je crois que tous les organismes et événements qui veulent aider la bd québécoise devraient travailler dans le sens de corriger ce problème. Je suis contre tout ce qui peut perpétuer une image négative de notre bd. Je suis contre le fait de comparer notre bd à la bd européenne à notre détriment. Je suis contre le fait de mettre sur pied des événement qui présentent la bd québécoise comme étant inférieure ou négligeable si on la compare à la production étrangère. Je ne suis pas d'accord avec la théorie qui veut qu'il faut mettre les Européens en vedette dans nos événement pour attirer le public, et que par le fait même ça va contribuer à faire connaître notre bd. Ça ne marche pas et ça n'a pas de sens sur le plan communication-marketing. Ceci dit, je ne veux pas viser qui que ce soit particulièrement, et je pense que cela s'applique à tous les événements, qu'ils se passent à Québec, à Montréal ou ailleurs.

MP: Te tiens-tu quand même, au courant de ce qui se fait comme bd en Europe, ou ailleurs dans le monde?
SG: Ce que j'aime le plus de la bd européenne c'est Hergé, Franquin, Gotlib et quelques autres. En général j'ai tendance à préférer les Américains comme Watterson, Adams ou Larson. La bd japonaise, je trouve qu'il n'y a pas assez de variété dans le style. Tout le monde dessine pareil dans les Mangas.

MP: Et au Québec?
SG: Je trouve que la bd québécoise est excellente et sous-évaluée par nos " experts ". Il y a plusieurs courants: les " mainstream " de périodique, dont je fais partie, les " mainstream " d'albums, auto-édités ou non, les indépendants et les undergrounds. Il y en a qui me plaisent beaucoup.

MP: Y a-t-il des auteurs que tu admires parmi ceux-ci?
SG: J'éprouve de la difficulté avec les noms, mais, dans Safarir j'aime bien Daigle et Goulet, par exemple. Dans les undergrounds, Julie Doucet et Henriette Valium. Parmis les plus vieux, ceux de ma gang, Godbout-Fournier, Goldstyn, Garnotte... On vaut bien n'importe quel étranger. Personne ne le dit, alors il faut le dire nous même!

MP: As-tu des projets que tu peux nous dévoiler?
SG: Je voudrais bien trouver le temps de me bricoler un site internet. J'ai toujours plein de projets de création de personnages et de recherche de nouveaux marchés. Mais je manque souvent de temps parce que je produis beaucoup. Et puis, les projets, il y en a toujours peu qui se rendent vraiment à terme alors c'est embêtant d'en parler d'avance.

MP: Oui, tu as bien raison. Mais, lors de temps libres (si tu en as), que fais-tu, as-tu des passions, des activités?
SG: J'ai peu de temps libres. Je travaille énormément et j'ai une famille à laquelle je dois consacrer du temps aussi. J'essaye de me reposer un peu quand je ne travaille pas (par exemple le samedi soir). J'aime bien le cinéma, je suis très bon public. Faut vraiment qu'un film soit mauvais pour que je n'embarque pas!

MP: Encore merci pour le temps que tu m'as accordé, Serge. Et tu peux te dire que je suis très fier d'avoir pu discuter à l'un des auteurs les plus lus du Québec.
SG: Ça m'a fait un grand plaisir Michel, et continue ton beau travail sur le site de BD Québec. C'est le genre de chose dont les créateurs québécois ont vraiment besoin. Merci!


 

...rencontre avec Mario Malouin
Entrevue réalisée en février 2000. L'entrevue a paru en premier lieu dans le trimestriel Zine Zag.


Michel Pleau: Bonjour Mario! Nous pouvons dire qu'à peu près tout le monde au Québec a déjà vu une illustration de Mario Malouin, soit dans un magazine quelconque ou dans une BD. Aurais-tu cru cela possible voilà 30 ans?
Mario Malouin: Non. Pour être honnête, je rêvais un peu que ça m'arrive. Mais, en 1970, la bd au Québec n'existait à peu près pas, ou du moins, il n'y avait personne qui était un modèle.

MP: Et, pour toi, avais-tu des modèles à cette époque?
MM: Ho oui! Et je les ai toujours, même s'ils sont à peu près tous décédés. Ma plus grande influence a été Franquin, l'auteur de Gaston Lagaffe. J'admirais son sens de la déformation presque poétique des choses. Plus tard, je l'ai suivi dans son délire des " Idées noires "; ça parait d'ailleurs un peu beaucoup dans mes recueils " Drôlement piquant ".

MP: D'ailleurs, tu as commencé ta carrière de bédéiste dans ton adolescence avec, Gros Magnon. Déjà à cette époque, on voyait déjà une attirance vers la préhistoire et les " monstres ". C'est une passion chez toi?
MM: Je dois t'avouer que c'est probablement le genre de chose qu'on finit par faire inconsciemment. Je dois sûrement être attiré par ce genre de personnage aux chairs dégoulinantes, comme Grokon ou Papppouth de la série " Au pied du grand totem ".

MP: À moins que toi-même, tu te considères comme un propre monstre?
MM: Ha! Ha! Penses-tu? Je ne sais pas si c'est un manque d'estime de soi qui fait qu'on finit par faire des choses horribles ou si ce n'est pas simplement de répondre à un besoin du public, qui en redemande de ce genre de choses. Je te donne un exemple: les recueils " Drôlement piquant ", le premier numéro a été tiré à 10000 exemplaires et j'ai appris dernièrement qu'il est " sold out ". Les deux autres sont en bonne voie de le devenir aussi. Alors, j'avais presque décidé de cesser ces publications, mais devant le succès, je vais probablement faire le numéro 4 dans la prochaine année. D'ailleurs, il y a déjà quasiment la moitie du matériel de fait.

MP: Revenons à tes débuts. Quel a été ton cheminement pédagogique?
MM: Bah! Très simple. Des études normales jusqu'à la fin du secondaire. Quand est venu le temps du choix pour le collégial, c'est là que ça s'est gâté! J'ai pris l'orientation " arts plastiques " au cégep de Ste-Foy, et j'ai décroché au bout de quelques mois, convaincu que je n'apprendrais rien là. En sortant du cégep, je créais le magazine " Plouf " , et c'était parti. Je dois aussi dire que j'ai eu la chance de venir au monde dans une famille d'artiste: mon père était dessinateur publicitaire et il travaillait à la maison. J'ai donc été en contact très jeune avec le matériel à dessin. Dès l'âge de trois ans, je travaillais déjà avec de l'encre de Chine. Même si ce n'était pas très beau!

MP: Parlant de " Plouf ", c'était un excellent fanzine à l'époque. Publié en couleurs, tu devais être fier de produire une telle publication. Comment tout ça s'est passé?
MM: Plouf, c'était une folie douce. Au départ, le magazine devait s'appeler " Gros Magnon ". Pour toutes sortes de raisons plates, on l'a appelé Plouf. J'avais connu au secondaire, et au peu de collégial que j'avais fait, un tas de fous de la bd, et qui avaient un talent fou aussi. Ces gars-là m'ont laissé des planches, ils m'ont fait confiance, alors j'ai foncé. Au début, on devait faire imprimer un petit magazine en noir et blanc, puis sont venus un tas de pépins. Mon père m'a appuyé et il a décidé de se procurer une petite presse offset. En quelques mois, j'ai donc appris le métier d'imprimeur et j'ai imprimé Plouf. Chaque page de Plouf m'est donc passé par les mains. C'était vraiment mon bébé. Après, en plus j'ai dû le distribuer moi-même et en faire la promotion. C'est pour ça que, au bout de seulement deux numéros, j'étais claqué! Mais en même temps, je venais d'apprendre un métier qui m'a servi à gagner ma vie pendant les années où la bd ne me faisait pas vivre encore.

MP: C'est à ce moment que des noms comme André-Philippe Côté et Serge Gaboury, ont fait leurs débuts, tu les as rencontrés lors du cégep?
MM: Oui! Ce sont eux les joyeux fous talentueux que j'ai rencontrés au cégep.

MP: Parle moi de " Le sous-sol d'André "?
MM: Ho Wow! Tu vas chercher de vieux souvenirs là! Le sous-sol d'André, c'était une émission cheap pour enfants comme télé 4, le TVA de l'époque, en produisait à la tonne. Avec peu de moyens, un animateur présentait des dessins animés et avait des invités qui faisaient des chroniques sur des sujets qui intéressaient les jeunes. Ça passait à 4 heures tous les jours de la semaine et c'était animé par André Guy, une sorte de Guy Mongrain de l'époque. Et moi j'avais une chronique de bandes dessinée dans cette émission. J'avais obtenu cette chronique dans ma recherche de publicité pour PLOUF.

MP: En 1987, tu as même été illustrateur judiciaire pour le procès de Pierre Lacroix. Comment devient-on illustrateur judiciaire? Ça doit être assez spécial?
MM: Oui effectivement! Çà c'était une sorte de rêve. J'avais souvent vu dans des films ce genre d'illustrateurs et je rêvais d'en faire un jour. J'ai donc harcelé TVA jusqu'à ce que j'obtienne le poste. Je ne le referais pas! Je l'ai fait, je suis bien content, mais je ne le referais pas c'est trop exigeant et trop SPÉCIAL!

MP: Combien de temps as-tu fait ce travail? Combien de procès environ?
MM: Ça a duré environ six mois. J'ai couvert trois procès, et de nombreuses petites affaires qui ne duraient parfois que quelques minutes. J'ai cessé la journée où je me suis retrouvé tout près de trois prisonniers qui sont arrivés en cour avec des chaînes aux pieds et aux mains, encadrés de deux policiers avec des carabines, et que je me suis rendu compte que la salle était pleine de gens avec des vestes de cuir et des mines de tueurs. Je ne suis pas peureux d'habitude, mais cette journée-là, je me suis rendu compte qu'il en aurait fallu peu pour que ça vire en émeute.

MP: HÉHÉHÉ... Je comprends pourquoi tu as quitté. Ok, passons à autre chose de plus plaisant. Je crois que l'on peut dire que ta carrière a vraiment décollé au milieu des années 80. Avec un premier album, Une saison dans la vie d'Arthur Leroy, qui est en fait une parodie de l'animateur radiophonique très populaire André Arthur. Comment s'est présentée cette idée d'album avec Arthur?
MM: En 83, j'ai connu Réal Fillion, qui est le fondateur du Festival de la bd de Québec. On parlait souvent, et de longues heures, de la possibilité de vivre de la bd au Québec. À cette époque, Réal était représentant commercial à CJRP, la station d'Arthur. Et c'est lui qui a lancé l'idée de fou, et qui, par après, m'a aidé à la vendre à Arthur. C'est d'ailleurs pour ça que son nom est mentionné dans le premier album.

MP: Pour Arthur, a-t-il été dur de le convaincre de l'idée?
MM: Ho non! Ça s'est passé très simplement. Après la fameuse soirée où Réal a lancé son idée, j'ai réalisé un premier strip dans la nuit, et le lendemain matin, Réal me poussait dans le studio d'Arthur. C'était assez psychédélique! Arthur faisait son émission, et j'étais là, a côté de lui, avec mon petit strip dans les mains. Dès qu'il l'a lu, pendant un commercial, il a éclaté de rire. C'était gagné! Après, on a foncé, et il nous a appuyés.

MP: Bien sûr, tu as fait parti du groupe de la S.C.A.B.D. à leurs débuts. La société a-t-elle été une bonne aide pour ta carrière?
MM: Honnêtement, ma carrière était déjà lancée dans ce temps-là. Alors, je faisais plutôt partie des " vieux " qui devenaient tranquillement des modèles pour les plus jeunes.

MP: " Safarir " apparaît en 1987 et depuis, tu y dessines toujours. L'arrivée de ce nouveau magazine d'humour, a dû être pour toi un point important de ta carrière? Enfin, un job régulier.
MM: Oui, Safarir a amené la stabilité. C'est à dire que c'était devenu une vraie job, avec le travail à faire chaque mois et la paye à la fin du mois. C'est d'ailleurs encore ça aujourd'hui, quoique j'en fais un petit peu moins qu'à une certaine époque. J'ai déjà fait jusqu'à 14 pages de bd par mois pour SAF.

MP: Et Croc, t'ont-ils déjà approché?
MM: Non. À leur grande période, c'est-à-dire avant Saf, c'est plutôt tous les dessinateurs qui les approchaient. Mais c'était une équipe fermée, qui ne prenait presque pas de nouveaux collaborateurs. En plus, ils accordaient moins d'importance au dessin qu'aux textes. C'était un magazine de scripteurs, contrairement à Saf.

MP: Par contre, chez Saf, vous avez Yvon Landry qui écrit le scénario pour plusieurs séries, dont Grokon le monstre. Qui de vous deux a eu l'idée de créer ce personnage?
MM: Yvon et moi, on avait depuis des années envie de travailler ensemble sur un projet. Mais rien ne s'était présenté encore. Et un matin, Yvon est arrivé avec ce projet de faire une série avec un monstre qui s'amuserait avec les villes. Ça m'a plu. Les monstres, ça me plaît toujours, et on a élaboré le projet. Yvon s'est occupé du nom et des premiers scénarios, et moi, j'ai travaillé sur l'aspect physique de la série, soit l'apparence de Grokon et de son environnement. En deux mois, on commençait.

MP: On sait qu'Yvon est aussi le nouveau rédacteur en chef de Safarir. Depuis, on croit que peut-être Safarir se dirigera davantage vers un public plus adulte. Est-ce dans les idées de la rédaction?
MM: Non, la rédaction de Safarir, c'est quelque chose de compliqué et simple à la fois. Yvon y va avec ses émotions et le goût du public. Aujourd'hui, avec l'Internet, les lecteurs nous disent vite s'ils aiment ou non quelque chose. Depuis quelque temps, le public demande plus de bd. Moi, je trouve ça formidable, et Yvon tente de répondre aux attentes du public. Il y a plus de bd dans Saf depuis quelques mois, et ça devrait continuer.

MP: On te connaît aussi pour tes nombreuses caricatures. Avec toutes les personnalités que tu as parodiées, soit dans les 7 jours, TV Hebdo ou bien Safarir, y en a-t-il un en particulier que tu aimes dessiner plus qu'un autre?
MM: Non, il y a des courants. J'ai beaucoup fait Arnold Schwarzenegger depuis quelques années. J'ai déjà eu une période Roy Dupuis.

MP: As-tu déjà eu des remarques quelconques à propos d'une personnalité qui s'est vue parodiée?
MM: Oui, mais toujours en bien. Les gens aiment ça se voir en caricature. Tu parlais du procès Lacroix tantôt, Hé bien, à la fin du procès, il m'a demandé mes dessins EN SOUVENIR!

MP: C'est toute une anecdote que celle-ci! Y en aurait-il une qui t'a frappé plus qu'une autre?
MM: Bah, tu sais, il en arrive de toutes sortes quand on fait de la caricature. Je me souviens un jour, je travaillais dans le stade olympique à faire des caricatures pour une oeuvre quelconque. Tout à coup, il m'arrive trois personnes: un père, une mère et leur grande fille et ils me demandent de les caricaturer tous ensemble sur le même dessin, en souvenir. Je leur demande : " En souvenir de quoi? ". Et ils me répondent que la mère du groupe allait mourir d'un cancer dans les prochains jours et qu'ils voulaient tous avoir un souvenir. Ca été une des caricatures les plus difficiles que j'ai faites!

MP: Ouais... je te comprends! Maintenant Peux-tu me dire quelles sont les personnes qui t'ont apporté le plus d'aide dans ta carrière en bande dessinée?
MM: Tu sais, je ne me serais jamais rendu jusque là si ma famille ne m'avait pas soutenu. Ma femme Violaine, qui est ma coloriste, et mes enfants qui ont trippé avec moi. Il ne faut pas oublier Réal Fillion qui était là pour l'aventure d'Arthur, et qui est toujours là aujourd'hui. Réal vit un peu l'aventure de la bd au travers de moi. Il suit ma carrière et hurle de joie quand il m'arrive un bon coup, un bon contrat!

MP: Combien d'enfants as-tu?
MM: Deux garçons, Mathieu, 16 ans et Jean-François, 13 ans.

MP: Ont-ils droit à leur point de vue sur tes réalisations, ont-ils des préférences?
MM: Oh oui! Et l'opinion de mes proches est très importante. J'ai souvent changé un gag parce que Violaine ou mes garçons ne le comprenaient pas ou ne l'aimaient pas. Présentement, les préférences à la maison vont à Grokon, parce que c'est le projet qui occupe notre vie. À une certaine époque, c'était Pappouth de " Au pied du grand totem ". Je l'aimais bien, celui-là! Il n'est pas enterré d'ailleurs, j'ai un projet d'histoire complète avec lui.

MP: Parle-moi de ce projet si tu le veux bien.
MM: C'est un projet comme tant d'autres. C'est une aventure de 44 planches qui installerait comme il faut le personnage et ses copains.

MP: C'est la 13e édition du Festival de la BD francophone de Québec en mai prochain. Tu en es maintenant le président. Comment s'est produite cette nomination?
MM: Tout simplement. Il y a 5 ans, Réal sentait sa santé l'abandonner. Il m'avait demandé de le remplacer. À l'époque, je ne me sentais pas capable de reprendre le festival tout seul. Après la dernière édition, quand Réal m'a redemandé de le faire, mais avec toute une équipe pour m'aider, j'ai accepté surtout que je me sentais plus fort qu'il y a 5 ans pour entreprendre une telle aventure.

MP: Le festival de cette année, nous réserve-t-il quelque chose de nouveau, des surprises?
MM: Le nouveau du festival, c'est souvent la continuité. La bande dessinée est toujours en renouveau, avec de nouveaux auteurs, de nouveaux albums, et même avec l'avancement des techniques. Comme cette année, nous avons entre autres une bande dessinée interactive, démontrée sur ordinateur et qui a été réalisée par Jean-François Bergeron. Un petit bijou de travail!

MP: Habituellement, pour le festival, plusieurs albums sont lancés. Pour Malouin, est-ce qu'on aura droit à un prochain album bientôt?
MM: Il ne sera pas lancé au festival, car le travail de président pendant le festival me fait mettre de côté l'auteur, mais oui il y aura un nouvel album très bientôt. C'est " LE MONDE DE LA TÉLÉ 2 ", le recueil qui regroupe le meilleur des pages parues dans le TV hebdo, les trois dernières années de ce contrat. Il devrait paraître en mars ou avril. Il sera probablement prêt pour le Salon du Livre de Québec.

MP: Maintenant, La question que je pose toujours aux auteurs. Quels sont tes auteurs de BD préférés, si on soustrait Franquin que tu as déjà mentionné?
MM: Bien, si on oublie Franquin, il y a Gotlib que j'aime bien. J'ai aussi certains auteurs qui ne sont pas humoristiques et que j'aime beaucoup, comme Richard Corben, l'américain, de même que Berni Wrightson.

MP: Que dis-tu à un jeune qui débute en bande dessinée au Québec et qui aimerait pouvoir en vivre?
MM: Je dis que c'est beaucoup plus facile que dans mon temps! Il y a des magazines qui marchent et qui paient aujourd'hui. Et c'est possible de placer des dessins aujourd'hui. Je suis bien placé pour le dire, depuis le mois de juillet, je suis chasseur de tête pour Safarir. C'est à dire que je cherche le talent en vue de le faire publier, et je ne suis pas peu fier de dire que depuis que j'ai commencé, il y a au moins 5 nouveaux dessinateurs à Saf. Alors, oui, c'est possible!

MP: Merci beaucoup Mario pour cet entretien et continue ton excellent boulot!
MM: Ha non, pas ce soir, je suis fatigué!


Voici la liste des publications de mario malouin:

    
   
    
   


 Voici la liste des publications de serge gaboury:

   
   
  


     

 
:: Duy 2004-08-01 20:09:27 [Permalien] ::
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